Acting
Le 13 septembre 2018, le Président de la République Emmanuel Macron s’était rendu chez Josette Audin, à Bagnolet, pour lui demander « pardon » en lui remettant une déclaration reconnaissant que son mari était mort sous la torture du fait d’un « système légalement institué » par l’ancienne puissance coloniale française en Algérie. Cette reconnaissance, même tardive, est une victoire pour Josette Audin et sa famille, mais c'est surtout une victoire pour les droits humains, gagnée ensemble par des mathématiciens et des historiens. Ce film retrace cet engagement commun contre la torture et les exactions d'Etat, dans le Comité Audin puis dans le Comité des mathématiciens qui intervint également dans le soutien à d'autres mathématiciens emprisonnés et parfois torturés dans le monde.
Seconde Guerre mondiale, juin 1940. La France est tombée et subit la botte implacable de l'Allemagne nazie. Mais l'Algérie, la précieuse colonie française d'Afrique du Nord, fait toujours partie du territoire contrôlé par le régime de Vichy du maréchal Pétain, traître à son pays et complice des crimes nazis. Un ordre colonial strict est maintenu : les Français d'origine européenne font la loi, tandis que les Juifs locaux sont privés de la citoyenneté française et que la discrimination à l'égard de la population, principalement musulmane, s'intensifie.
En 1936, Gaston Revel entre à l'Ecole Normale d'Alger, où l'on est censé lui apprendre à "éduquer l'indigène". C'est aussi l'époque où il commence à s'intéresser à la politique : il est attiré par le Front Populaire, puis par l'anarchisme espagnol et enfin il approche le communisme. De 1940 à 1955, il enseigne en Algérie, dans le bled, puis à Bejaia. Il rentre en Europe en raison de la guerre et débarque en Provence en septembre 1914, à la suite des Alliés. C'est à Bejaia, en 1945, qu'il s'engage résolument au Parti Communiste Algérien : en 1953, il se présente aux élections municipales dans le second Collège (réservé aux Algériens) et il siège aux côtés des musulmans. En 1955, au début de la guerre, il doit contre son gré quitter l'Algérie. Mais, ainsi que des milliers d'autres "pieds rouges", il y revient en 1962 et reprend son métier d'enseignant. De toutes ces années, il a laissé un témoignage finit et très engagé, beaucoup de lettres, de carnets, et d'articles de presse.